Un univers en expansion : les nouvelles théories
Une théorie principale :La théorie du big bang
La théorie du big bang considère que l’univers est le résultat d’une expansion de l’espace-temps. Big Bang ! Ce mot très évocateur a été employé la première fois par un détracteur de la théorie. On l'associe généralement à une explosion qui aurait engendré l'univers actuel. En fait c'est une idée fausse, il est plus juste de parler d'expansion de l'univers. Ce "Big Bang" est actuellement la limite au delà de laquelle les scientifiques ne peuvent plus (et ne pourront peut être jamais) observer, ou du moins estimer, l'état de l'univers. On ne connaît donc pas la cause de ce Big Bang ni son pourquoi. Cependant la théorie permet de connaître l’histoire de l’univers
Selon cette théorie, l’Univers naquit il y a quelques quinze milliards d’années, à la date t=0, lors du BIG BANG. Sur ce qui s’est ensuite passé jusqu’à la date t=10-43 s, les physiciens n'ont pas de réponse… !
En l'état actuel des choses, la mécanique quantique, nous empêche de remonter à mieux que 10-43 s environ après le big bang.
En effet, cette fraction de temps, dite de Planck, correspond à la transformation de toute la masse de l'Univers en énergie. A cette date ce qui deviendra notre Univers est tout entier confiné dans une sphère de 10-35 m de diamètre ( dix millions de milliards de milliards de milliards de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène !) de température 1036 K et de constitution actuellement inconnue. C'est a dire, que toute la masse actuelle de l'Univers était, avant cet infime durée, sous forme d'énergie pure dans une boule de diamètre 10-33 cm ! Ce qui représente une densité infinie !
L’univers subit alors une expansion fulgurante et surgissent les quarks, les électrons, les neutrinos et leurs antiparticules, puis les photons…
A cet instant, on pense que les quatre interactions fondamentales de la physique (gravitationnelle, électromagnétique, nucléaire forte et nucléaire faible) étaient unifiées. Après qu'elles se soient singularisées, l'expansion de l'Univers s'est accélérée.
On peut alors distinguer 4 étapes selon les particules qui se forment :
· L'ère hadronique (durée : 10-4 secondes)
A 10-35 s, la force de gravité apparaît et l’univers est aussi grand qu’une balle de tennis. Il grossit des milliards et des milliards de fois plus vite que la vitesse de la lumière.
A 10-32 s, l’inflation cosmique cesse. Les quarks et les antiquarks se divisent , s’annihilent et crées de nouvelles paires. Il y a légèrement plus de matière que d’antimatière.
L'univers se refroidit et grandit encore, et, à 10-4 s (0,0001 seconde) après le BigBang, les quarks s'assemblent 3 par 3 pour former les nucléons (ou hadrons) qui correspondent aux protons et neutrons. Les antiquarks s'assemblent eux aussi 3 par 3 pour former les antiprotons et antineutrons.
· L'ère leptonique (durée : 10 secondes)
La température décroît et, à 109 °K, il ne reste pratiquement plus d’antimatière. La force nucléaire faible agit et conditionne l'interaction des noyaux et des particules. Électrons et neutrinos se forment. Les liaisons entre protons et neutrons commencent à subsister : noyaux de deutérium, tritium et hélium se forment.
· L'ère radiative (durée 1 Ma)
Au bout de 3 minutes , la matière se compose de 77% de noyaux d’hydrogène et de 23% de noyaux d’hélium. La création des éléments légers se ralenti et quelques noyaux de lithium apparaissent.
L’univers continue à se refroidir et son expansion se poursuit. Les électrons ne cessent d’absorber les photons et de les ré émettre. L’univers est opaque.
A 3 105 ans, l’univers s’illumine et devient transparent. Les photons arrêtent d’interagir avec les électrons et libèrent la lumière. C'est l'émission du rayonnement fossile. Ce rayonnement fut prédit en 1948 par G. GAMOW, partisan de la théorie du BigBang. En 1965, par accident, A. Penzias et R. Wilson découvrent un signal radio constant et uniforme. C'est le rayonnement fossile d'une température voisine de 3°K .
Parallèlement, électrons et noyaux atomiques s’assemblent pour former les atomes d’hélium et d’hydrogène.
· L'ère stellaire (jusqu'à maintenant)
Il n'y a plus d'interaction entre rayonnements et matières. De vastes nuages de matières (atomes simples, particules) constituent alors le seul relief de l'univers !
L'expansion et le refroidissement se poursuivent toujours et, à 15.109 années (15 milliards d'années) après le BigBang, nous sommes dans la situation actuelle, c'est à dire une température moyenne de 3°K et un diamètre d'environ 25 Milliards d'années lumière.
Sous l'influence de la force gravitationnelle la matière se rassemble de place en place. Une hiérarchisation va se créer entre étoiles, galaxies, amas de galaxies.
La distribution des étoiles et des groupements d'étoiles dans l'univers est actuellement homogène, on dit que l'univers a une structure isotrope.
Sans être totalement assurée, la théorie du BIG BANG est établie par des calculs et s’appuie sur des hypothèses que la physique des particules de haute énergie s’efforce de confirmer.
La mise en œuvre d’énergies de plusieurs GeV permet d’illustrer, au laboratoire, les événements qui se sont produits 10-10 s après le BIG BANG. Le L.H.C, dont la mise en service est prévue pour 2004 communiquera aux protons des énergies de l’ordre de TeV = 103 GeV ce qui devrait permettre de mieux connaître ce que fut l’Univers 10-15 s après sa naissance.
Ainsi, l’observation de l’infiniment petit par les physiciens des hautes énergies rejoint l’observation de l’infiniment grand par les astronomes avec leurs télescopes qui leur permettent de voir de plus en plus loin, c’est à dire de plus en plus tôt dans l’histoire de l’Univers….
En 1917, Albert Einstein proposa un modèle de l'Univers fondé sur sa nouvelle théorie de la relativité. Il considérait le temps comme une quatrième dimension et montra que la gravitation était équivalente à une courbure de l'espace-temps. Ainsi, il montra que l'Univers n'était pas statique mais était en expansion ou en contraction. L'expansion de l'Univers n'avait pas encore été découverte. Einstein supposa donc l'existence d'une force de répulsion entre les galaxies qui contrebalancerait la force d'attraction gravitationnelle. Mais pour cette hypothèse, il introduisit une "constante cosmologique" dans ses équations, qui conduisirent alors à un Univers statique.
Des modèles non statiques de l'Univers furent introduits en 1917 par l'astronome hollandais Willem de Sitter, en 1922 par le mathématicien russe Alexandre Friedmann, et en 1927 par l'abbé belge Georges Lemaître. L'Univers de de Sitter résolvait les équations relativistes d'Einstein pour un univers vide et les forces gravitationnelles n'étaient alors pas considérées. La solution de Friedmann dépendait directement de la densité de matière dans l'Univers et constitue le modèle actuellement accepté. Lemaître détermina également une solution de l'équation d'Einstein. Cependant, il est plus connu pour son idée d'"atome originel". Selon lui, les galaxies sont des fragments qui ont été projetés par l'explosion de cet atome, d'où l'expansion de l'Univers. Ce fut le début de la théorie du big bang sur l'origine de l'Univers (voir ci-dessous).
D'après Friedmann, si l'Univers contient relativement peu de matière, l'attraction gravitationnelle mutuelle entre les galaxies diminuera légèrement les vitesses d'éloignement et l'Univers sera indéfiniment en expansion. L'Univers serait alors un Univers ouvert de taille infinie. Cependant, si la densité de matière est supérieure à une valeur critique, actuellement estimée à 5!×!10-30 g/cm3, l'expansion ralentira jusqu'à s'arrêter et s'inverser en contraction et l'Univers s'effondrera totalement. Il serait alors "fermé", d'étendue limitée. Le destin de l'Univers effondré est incertain, mais selon une théorie, il exploserait à nouveau, engendrant un nouvel Univers en expansion, qui s'effondrerait à nouveau, et ce modèle présente un Univers oscillant.
La théorie du big bang
Elle fut introduite en 1948 par le physicien russo-américain George Gamow, qui modifia la théorie de Lemaître sur l'atome originel. Gamow supposa que l'Univers était né d'une explosion gigantesque et que les différents éléments observés aujourd'hui ont été générés juste après cette explosion appelée big bang, à un moment où la température et la densité extrêmement élevées de l'Univers permettaient la fusion des particules subatomiques pour créer les éléments chimiques. Des calculs plus récents indiquent que l'hydrogène et l'hélium seraient les deux premiers éléments nés du Big Bang, les éléments plus lourds étant produits seulement plus tard au sein des étoiles. La théorie de Gamow fournit une base pour comprendre les tout premiers stades de l'Univers et l'évolution de ce dernier. Du fait de sa densité extrêmement élevée, la matière existant dans les tout premiers instants de l'Univers se serait dilatée extrêmement vite. L'hydrogène et l'hélium auraient alors été refroidis et condensés dans les étoiles et les galaxies. Cela expliquerait l'expansion de l'Univers et les fondements physiques de la loi de Hubble.
L'Univers se dilatant, le rayonnement résiduel issu du big bang aurait continué à se refroidir, jusqu'à aujourd'hui où sa température devrait être d'environ 3 K (environ 270°C). Ce rayonnement ambiant fut détecté par les radio astronomes en 1965, apportant ainsi ce que la plupart des astronomes considèrent comme une confirmation de la théorie du big bang.
L'évolution de l'Univers
Le modèle de l'Univers en expansion pose un problème non résolu : l'Univers est-il ouvert ou fermé? C'est-à-dire se dilatera-t-il indéfiniment ou se contractera-t-il à nouveau?.
Pour donner une solution, il faut déterminer si la densité moyenne de matière dans l'Univers est supérieure à la valeur critique du modèle de Friedmann. La masse d'une galaxie peut être mesurée en observant le mouvement de ses étoiles. On calcule la densité de matière de l'Univers en multipliant la masse de chaque galaxie par le nombre de galaxies. On trouve alors une densité de seulement 5 à 10 p. 100 de la valeur critique. La masse d'un amas de galaxies peut être déterminée de façon analogue en mesurant le déplacement des galaxies dans l'amas. La multiplication de cette masse par le nombre d'amas de galaxies donne une densité moyenne supérieure, approchant la limite critique qui indiquerait que l'Univers est fermé. Le désaccord entre ces deux méthodes suggère la présence d'une matière invisible non négligeable, la matière noire, située à l'intérieur de chaque amas mais hors des galaxies visibles. Tant que le phénomène de la masse manquante ne sera pas expliqué, déterminer l'évolution de l'Univers restera impossible.
Comme la lumière émise par les galaxies les plus lointaines a voyagé pendant des milliards d'années avant de nous parvenir, l'Univers que nous observons est celui d'un lointain passé.
Les cosmologistes actuels s'attachent à mieux comprendre le processus du big bang. La théorie de l'inflation, formulée dans les années 1980, résout les difficultés majeures de la formulation originelle de Gamow, en utilisant la physique des particules élémentaires. Le modèle inflationniste a également conduit à d'audacieuses hypothèses, comme la possibilité d'une infinité d'Univers. Aujourd'hui, la plupart des cosmologistes s'attachent à localiser l'emplacement de la matière noire, alors qu'une minorité, à la suite du physicien et prix Nobel suédois Hannes Alfvén, pensent que la gravité des phénomènes liés aux plasmas sont la clé de la compréhension de la structure et de l'évolution de l'Univers.
La théorie des cordes
Cette théorien'est pas une modification de la théorie du Big Bang, mais une amélioration. En effet, la théorie du Big Bang considère les particules élémentaires comme des objets ponctuels. Lors d'interaction entre particules, toute l'énergie impliquée se concentre alors en un point unique et sa densité devient donc infinie. Dans le cadre de la théorie quantique de l'électromagnétisme, comme dans les théories des interactions forte et faible ces infinis sont sans conséquence puisqu'ils peuvent être compensés par d'autres infinis agissant en sens contraire. Mais il n'en est pas de même avec l'interetion gravitationnelle ce qui est inacceptable pour la physique dont l'objet est d'établir des relations entre quantités mesurables, et donc finies.
La solution pourrait alors être de remplacer les particules ponctuelles par des cordes. Ces cordes sont des objets étendus, linéaires et très petits. Lorsqu'on considère l'interaction entre deux cordes, leur extension spatial rend impossible la définition du lieu et de la date de lévénement. L'énergie, au lieu de se concentrer à un point de taille nulle, est alors diluée et sa densité trouve une limite.
Cependant, le modèle standard n'est pas une théorie tout à fait juste : il n'inclut pas la gravité. C'est pourquoi cette théorie s'est vu imposer une propriété bien spéciale : la supersymétrie. Certes, rien ne dit que le monde réel s'y accorde. Mais si l'univers dans lequel nous vivons s'avérait supersymétrique, beaucoup de ses mystères s'éclairciraient. Les cordes peuvent avoir différents modes de vibration. L'idée majeur serait alors d'associer à chaque mode de vibration un type de particule. De plus, la supersymétrie dicte l'existence d'une particule dont les propriétés sont celles qui sont attendues du graviton. La gravitation deviendrait alors la conséquence des autres interactions.
Par ailleurs, l'existence de cette supersymétrie implique un univers à 11 dimensions, dont 6 dimensions d'espaces encore inobservables. Théoriquement, ces dimensions supplémentaires sont enroulées sur elle-mêmes sur de très courtes distances de l'ordre de l'échelle de Planck, soit 10-33 cm.
La théorie M
En fait, il existe plusieurs manières de rendre les cordes supersymétriques. Au total, cinq se détachent, mais aucune ne convinet si les cordes sont soumises à des interactions fortes entre elles, comme ce fut le cas lors du Big Bang. En effet, chaque théorie repose sur des approximations valables uniquement dans le cas d'interactions faibles des cordes entre elles. Edward Witten a alors expliqué que si aucune théorie prise séparément n'est satisfaisante, la situation s'améliore lorsqu'on les considère toutes ensemble. Au delà de ces cinq formulations approchées, il y a donc une unique théorie exacte des cordes, la théorie M.
Bien que les outils mathèmatiques capables d'aborder cette théorie n'existent pas encore, celle-ci a dejà révélé certaines de ses caratéristiques. Par exemple, onsait quelle restitue les onze dimensions nécessaires à la supersymétrie. Onsait également que la théorie M ne fait pas intervenir que des cordes.
Elle implique également des sortes de sacs à deux dimensions aussi appelés membranes qui flottent et vibrent dans det espace à onze dimensions et plus généralement des p-branes dans un espace à p dimensions; les cordes seraient alors des 1-branes et les particules ponctuelles des 0-branes.

